[ maraṇa: mort | sati: attention ]
Comment développer l'attention portée à la mort, en se rappelant que celle-ci nous guette à chaque instant, et qu'elle pourrait encore être un grand danger.
En une occasion, le Bhagavā séjournait à Nādikā, dans la salle en briques. Là, il s'adressa ainsi aux bhikkhus:
Bhikkhus, l'attention portée à la mort, si elle est développée et cultivée, est très fructueuse et bienfaitrice. Elle se fond dans le Sans-mort,{1} elle s'achève dans le Sans-mort. Et comment, bhikkhus, développe-t-on cette attention portée à la mort qui est très fructueuse et bienfaitrice?
Lorsque le jour s'éteint et que la nuit s'installe, un bhikkhu considère: 'Il y a beaucoup de choses qui pourraient être la cause de ma mort: je pourrais rencontrer un serpent, un scorpion, ou un scolopendre pourrait me piquer, et à cause de cela je pourrais mourir. Et cela serait dangereux pour moi.{2} Ou bien je pourrais glisser et tomber; la nourriture que j'ai mangée pourrait provoquer une maladie; ma bile, mon phlegme ou des vents perçants pourraient affecter ma santé; ou bien des êtres humains ou non-humains pourraient m'attaquer, et à cause de cela je pourrais mourir. Et cela serait dangereux pour moi.'
Ce bhikkhu devrait ensuite considérer: 'Y a-t-il en moi des états mentaux mauvais et akusalas, que je n'ai pas encore abandonnés, et qui pourraient être dangereux pour moi si je mourrais cette nuit?'
Si, à la réflexion, ce bhikkhu constate: 'Il y a en moi des états mentaux mauvais et akusalas, que je n'ai pas encore abandonnés, et qui pourraient être dangereux pour moi si je mourrais cette nuit', alors ce bhikkhu devrait, avec une ferme résolution, appliquer tout son effort, sa vigueur et son énergie, avec sati et sampajañña pour les abandonner.
Tout comme un homme dont le turban ou les cheveux seraient en feu appliquerait, avec une ferme résolution, tout son effort, sa vigueur et son énergie, avec sati et sampajañña pour éteindre le feu, de même ce bhikkhu devrait, avec une ferme résolution, appliquer tout son effort, sa vigueur et son énergie, avec sati et sampajañña pour les abandonner.
Si, à la réflexion, ce bhikkhu constate: 'Il n'y a en moi aucun état mental mauvais ou akusala que je n'aie pas déjà abandonné', alors il peut être joyeux et gai. De nuit et de jour, il devrait s'entraîner à faire tout ce qui est kusala.
Lorsque la nuit s'éteint et que le jour s'installe, un bhikkhu considère: 'Il y a beaucoup de choses qui pourraient être la cause de ma mort: je pourrais rencontrer un serpent, un scorpion, ou un scolopendre pourrait me piquer, et à cause de cela je pourrais mourir. Et cela serait dangereux pour moi. Ou bien je pourrais glisser et tomber; la nourriture que j'ai mangée pourrait provoquer une maladie; ma bile, mon phlegme ou des vents perçants pourraient affecter ma santé; ou bien des êtres humains ou non-humains pourraient m'attaquer, et à cause de cela je pourrais mourir. Et cela serait dangereux pour moi.'
Ce bhikkhu devrait ensuite considérer: 'Y a-t-il en moi des états mentaux mauvais et akusalas, que je n'aie pas encore abandonnés, et qui pourraient être dangereux pour moi si je mourrais aujourd'hui?'
Si, à la réflexion, ce bhikkhu constate: 'Il y a en moi des états mentaux mauvais et akusalas, que je n'ai pas encore abandonnés, et qui pourraient être dangereux pour moi si je mourrais aujourd'hui', alors ce bhikkhu devrait, avec une ferme résolution, appliquer tout son effort, sa vigueur et son énergie, avec sati et sampajañña pour les abandonner.
Tout comme un homme dont le turban ou les cheveux seraient en feu appliquerait, avec une ferme résolution, tout son effort, sa vigueur et son énergie, avec attention et claire compréhension pour éteindre le feu, de même ce bhikkhu devrait, avec une ferme résolution, appliquer tout son effort, sa vigueur et son énergie, avec sati et sampajañña pour les abandonner.
Si, à la réflexion, ce bhikkhu constate: 'Il n'y a en moi aucun état mental mauvais ou akusala que je n'aie pas déjà abandonné', alors il peut être joyeux et gai. De nuit et de jour, il devrait s'entraîner à faire tout ce qui est kusala.
Bhikkhus, l'attention portée à la mort, si elle est développée et cultivée de cette manière, est très fructueuse et bienfaitrice. Elle se fond dans le Sans-mort, elle s'achève dans le Sans-mort.
Notes
2. cela serait dangereux pour moi: le résultat d'une mort en tant qu'être mondain non libéré demeure hasardeux.
d'après le travail effectué à partir du Pali par Soeur Upalavanna
et Numerical discourses of the Buddha de Nyanaponika Thera et Bhikkhu Bodhi.
———oOo———
Publié comme un don du Dhamma, pour être distribué librement, à des fins non lucratives.
Toute réutilisation de ce contenu doit citer ses sources originales.
